lundi 7 avril 2014

Paul Magnette est-il mal pris?


La vertigineuse ascension de Paul Magnette trouvera-t-elle son terme après les élections ? Le scrutin du 25 mai pourrait en tout cas le contraindre à ne rester que député-bourgmestre de Charleroi. Pour quatre ans. Trop pour cet impatient qui espère s’installer pour de vrai à la présidence du parti.

Paul Magnette adore l’ironie. Il en use tant qu’un volume de ses saillies pourrait aisément compléter sa bibliographie de politologue. Un exemple de la campagne communale 2012 suffira à en saisir la mesure: «Grâce à Jean-Jacques Viseur et au Musée de la Photo, Charleroi est devenue la capitale de la pellicule», avait-il asséné à une foule militante encanaillée. Mais il y a une chose qui ne fait jamais rire Paul Magnette. C’est qu’on le compare à son prédécesseur, Jean-Claude Van Cauwenberghe.

Un méchant rictus ponctue généralement l’analogie. Même lorsqu’elle est étayée par des faits, parmi lesquels la fermeté de sa prise en main de l’Hôtel de Ville, la faiblesse délibérée des échevins qui le secondent et le pouvoir peu modéré d’une administration lige pourraient paraître décisifs à d’autres politologues que lui.

Il a toutefois de quoi s’en sortir facilement. Car une grande différence distingue les deux hommes forts, qui tient à la vitesse de leur ascension, et aux appuis qu’elles ont demandé. Depuis son arrivée en politique en effet, Paul Magnette n’a jamais vraiment duré nulle part.

Un an au gouvernement wallon, un peu plus de deux ans au Climat fédéral, presque autant en affaires courantes, et treize mois enfin aux Entreprises publiques avant de s’en aller trôner à Charleroi et d’emprunter à Elio Di Rupo son bureau épuré du Boulevard de l’Empereur. Son ascension, donc, aura été continue. Sans que l’alpiniste ne souffle à aucun palier.

Elle aura, surtout, été accomplie avec le soutien indéfectible, pour ne pas dire insolent, de son président de parti. «Magnette, prince héritier du gotha», ironisaient (on y revient) d’ailleurs nos confrères du Vif au moment de son intronisation à la présidence. Tout le contraire de Van Cau, qui, sachant où il allait, a toujours pris le temps de s’installer (douze ans à Charleroi, cinq comme ministre du Budget, six comme ministre-président, puis les affaires) avant de monter un échelon, et qui se posait fructueusement en rebelle, dans son parti contre Spitaels, contre Cools et contre Di Rupo; dans son pays contre la Belgique, contre Bruxelles et contre la Communauté française.

Or Paul Magnette, présentement, se trouve aujourd’hui face à un dilemme. Et son vrai problème est qu’il a peu de prise pour s’en sortir par le haut. Le sommet de son ascension politique, le seul admissible pour cet ambitieux, le seul nécessaire pour Charleroi («on voit toutes les portes s’ouvrir, et tous les subsides arriver, depuis qu’il est président», explique une voix expérimentée du collège communal), c’est d’exercer ce mayorat de la plus grande ville wallonne avec la présidence effective du plus grand parti wallon.

Il n’y a pas de plus haut débouché possible pour un politique francophone. D’autant que la ministre-présidence wallonne, d’une importance comparable, devrait se disputer entre Jean-Claude Marcourt et Rudy Demotte. Se retrouver, après le 25 mai, simple député-bourgmestre (il entrera dans les conditions du cumul), serait donc une défaite pour le bourgmestre de Charleroi. Mais l’hypothèse n’est pas improbable. Elle circule, depuis le début, dans la tête de l’intéressé et de ses proches, qui en tiraient une drôle, ce soir de janvier 2013 où Thierry Giet était invité à céder sa présidence à Paul Magnette.

«Pour y rester, pour vraiment diriger le parti, il va falloir gagner les élections», y disait-on déjà. Le constat n’a pas changé. Il s’est compliqué des succès médiatiques et politiques du PTB. Pour le parti, mais aussi pour Paul Magnette, puisque le président faisant fonction du PS est aujourd’hui censé donner des gages à gauche alors que le bourgmestre de Charleroi applique à sa commune une forme d’austérité qui ne dit pas son nom. Que pense le Doctor Magnette qui a fermé des cantines scolaires et réduit les horaires des garderies de la proposition de Mister Paul de fournir à chaque écolier un repas chaud le midi? Seul le professeur de science politique le sait. Et encore.

Bouclier humain

Lorsqu’Elio Di Rupo a choisi d’adouber Paul Magnette, on l’a assez dit, c’était dans cette optique de campagne: l’impétrant y serait incontestablement plus utile que le sobre Giet. On ne l’a que trop rarement dit en revanche, la manœuvre permettait aussi au premier ministre de s’exonérer de la responsabilité d’une éventuelle défaite.

C’est la stratégie du bouclier humain. Pas seulement vis-à-vis de l’extérieur, même si elle lui évite de se coltiner les autres présidents de partis, ce qui le fait encore trôner au-dessus des cieux. La protection est aussi à usage interne. «Si on perd, Magnette risque bien de se faire tomber dessus par les autres, par Demotte, par Laurette, par les Liégeois et par la base. Il sera en première ligne. Personne n’osera s’en prendre frontalement à Elio, premier ministre sortant. Même si beaucoup commencent à être indisposés par sa posture belgicaine», résume un socialiste.

L’habilissime pas de côté de Di Rupo le protège ainsi, en plus de lui donner la main. Le 25 mai venu, comme à chaque scrutin depuis 1999, il décidera de son avenir à lui, et donc de leur avenir à eux. Et comme Magnette doit réfléchir au dernier palier de son escalade, Elio Di Rupo, lui, doit songer à se ménager une descente en douceur. Certes son devoir est d’espérer rempiler au 16. Mais sa raison lui dit assez à quel point c’est incertain.

Une sinécure internationale à la Commission européenne ou ailleurs l’honorerait, mais elle l’éloignerait de Mons, où l’année 2015, celle qui sacrera sa cité Capitale culturelle européenne, devrait l’y retenir. Mais repartir au Boulevard de l’Empereur, à 64 ans et pour un bail sans perspective plus proche que les communales de 2018 peut sembler peu tentant.

Alors, exil, repli montois, ou vieux cumul? Elio Di Rupo choisira. S’il le désire, il léguera la présidence à Paul Magnette, qui hériterait deux fois. Le choix contraire ferait de lui un héritier sans héritage.

Toujours cette ironie.

Nicolas De Decker

4 commentaires:

  1. Mais nul n'est dupe, si le PS se plante ce sera bien de la responsabilité de Di Rupo !

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  2. Magnette en fait trop, il va finir par précipiter encore la chute du PS.

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  3. JPL. Il arrive très souvent qu'après chaque élection, le PS construit des alliances momentanées avec n'importe qui pour rester au pouvoir, cela existe depuis les années 60. Il en sera encore ainsi en mai prochain, soyez-en certain. Ce n'est pas difficile de trouver des "complices", sans cela ces derniers n'auraient aucune chance de devenir un jour Ministre...Sénateur, membre très grassement payé, d'une intercommunale ou que sais-je ?

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