jeudi 22 mai 2014

Le MR est-il certain d’entrer dans tous les gouvernements?

(c) Belga
Charles Michel joue une partie de son avenir ce 25 mai. Il sait que son MR est presque incontournable au gouvernement fédéral. Il doit faire entrer les siens dans les gouvernements wallon et bruxellois. Un deal bien pensé avec les socialistes ferait sa gloire. Emballé, c’est pesé? Pas si simple…

La classe, on l’a ou on ne l’a pas. L’histoire de l’art se parsème d’amitiés rivales, tortueuses relations entre un besogneux et un talentueux, le premier souffrant pour le second d’une jalouse et parfois violente admiration. Chacun connaît Salieri, Sainte-Beuve, Théo Van Gogh ou Olivier Maroy, tous révoltés contre l’implacable privilège de l’innéité, ce capricieux destin qui bénit Mozart, Hugo, Vincent Van Gogh ou Pascal Vrebos plutôt qu’eux (NDLR: ces lignes, écrites à titre personnel, n’engagent aucunement la rédaction de M… Belgique). Il y a de ça, au Mouvement Réformateur, entre Charles Michel et Didier Reynders. Charles Michel fait ses gammes depuis des années, mais c’est Didier qui chante le mieux. Charles torture de toujours brouillons sonnets, mais ce sont les petites phrases tintantes de Didier Reynders qui font mouche. Rien à faire.

Pourtant, Charles Michel pourrait être à l’aise. Il jouera son autorité présidentielle le 26 mai. Faire enfin revenir les siens dans les exécutifs wallon et bruxellois, après dix ans d’une taraudante opposition sera l’ultime condition de son installation définitive. Chacun le sait, Charles Michel et Didier Reynders les premiers. Depuis la crise de succession, chacun doute de la bonne volonté du second, le premier en premier. Mais Charles Michel a pour y parvenir plusieurs atouts. Son parti est à peu près certain de se retrouver au gouvernement fédéral, qu’il progresse ou qu’il régresse. Sauf qu’il ne pourra pas arguer de la présence du MR là où il siège depuis quinze ans.

Car le MR n’aura rien à y dire: ce ne sera –on peut parler à l’indicatif- qu’un ricochet de la configuration flamande, entendez, avec ou sans la N-VA. Il n’est du reste pas impossible, même si très improbable –il faudrait que la famille libérale soit la plus grande du pays, qu’au sein de cette famille le MR domine le VLD, et, surtout, que ni CD&V ni, éventuellement, N-VA, n’y voient un empêchement dirimant-, que ladite configuration mène Didier Reynders au 16 rue de la Loi. L’actuel président réformateur s’installerait alors durablement à son poste, ça oui. Mais dans l’ombre de son prédécesseur. On peut douter de la satisfaction personnelle qu’il en éprouverait. Surtout s’il ne parvenait pas à forcer l’entrée des siens dans les exécutifs régionaux, en Wallonie et à Bruxelles. On y revient.

Et on revient à l’hypothèse d’un grand arrangement entre socialistes et réformateurs, qui signeraient pour des coalitions symétriques à tous les étages. Une union nationale très années trente avec le CDH, lié au CD&V par l’histoire et par une avantageuse position de pivot. Pour l’instant, au Boulevard de l’Empereur comme à l’Avenue de la Toison d’Or, chacun n’est certain que d’une chose, une seule. Elio Di Rupo et Paul Magnette savent leur PS incontournable en Wallonie. Le MR le sera au fédéral, et Charles Michel le sait. Chacun serait alors certain de son avenir, dressant deux certitudes secondaires devant l’incertitude primaire, la force de ce glaçant vent du Nord.

«Si j’étais Charles Michel, il y a longtemps que j’aurais rencontré les socialistes», dit un proche qui n’est pas Charles Michel, le fils de l’homme qui signa un jour un accord avec Elio Di Rupo. Reste qu’en Wallonie aujourd’hui, dans le clan Michel, on y croit autant qu’en 2003. On se voit déjà ministre wallon. Willy Borsus lorgne un grand ministère de l’Energie. Il réserve ses invectives aux écologistes et à André Antoine, tous annoncés en partance. Jacqueline Galant a quitté la scène fédérale pour se présenter sur une liste régionale. Elle se positionne. Le tout, c’est de ne pas gaffer. Ne pas vexer irrévocablement le partenaire annoncé.

Voilà pourquoi cette bipolarisation que tous les observateurs observent est en fait bien bancale. Les bleus n’y assurent que le service minimum de l’antagonisme idéologique. Ils sont beaucoup, beaucoup moins offensifs qu’en 2007 –les affaires et le «centre de gravité», en 2009 –le «bain de sang social», et même 2010. Sur les plateaux, dans les débats des présidents, le premier à tirer n’est jamais réformateur. C’est toujours Paul Magnette ou Laurette Onkelinx, éperonnés par le PTB, qui ouvrent le feu. Puis, bon, il faut bien se défendre. Le PS bolchévique, la Corée du Nord, c’était à la fin de cet automne.

Au printemps arrivé, Charles et Louis Michel s’épanchent pour affirmer que le vote PTB est un vote utile. Une fausse cartouche, en fait un chargeur pour des socialistes qui canardent sur le refrain «un vote PTB est une demi-voix pour la droite». Au PS, on a pris acte du cadeau. Mais sans plus. Car les socialistes, eux, n’ont pas intérêt à fermer le jeu. D’abord parce que Paul Magnette éprouve une détestation très sincère pour son homologue libéral. Heureusement pour celui-ci, celui-là n’a pas tout le pouvoir sur son parti. Ensuite et surtout parce que le PS se requinque, en campagne, à casser du libéral. C’est censé tasser le PTB –une percée parlementaire rendrait arithmétiquement inévitable une alliance des deux plus grandes formations, et empêcher ECOLO et CdH de se singulariser. C’est pensé pour laisser le choix de ses partenaires au PS, une fois les résultats connus.

La position relative de Charles Michel est donc moins confortable qu’il n’y paraît. Il a beau y travailler avec acharnement. Les socialistes ne peuvent entrer dans son jeu, et il doit compter avec le talent de Didier, souvent utile à lui-même, rarement aux siens, toujours imprévisible, mal contrôlé. La dernière petite phrase tintante du ministre des Affaires étrangères le fragilise. Elle affaiblit son parti, donc son président, même s’il y a gagné de l’ascendant sur son talentueux mauvais sujet repenti. Didier Reynders adore Brassens. «Sans entraînement, un don n’est rien qu’une sale manie», disait le génial Sétois, averti des exemples éternels de Mozart, Hugo, et autres Van Gogh. C’était sans les libéraux.

Nicolas De Decker

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